Plan de gestion et aménagements du site de Derborence

Une séance d’information sur le “plan de gestion et aménagements du site de Derborence” a eue lieu le samedi 13 octobre 2018 au restaurant du lac.

Voici un article du Nouvelliste à ce sujet.

Derborence doit redessiner son avenir

Majestueux, le site
                    de Derborence doit se redéfinir un avenir. Notamment
                    au travers d'un Plan de gestion et aménagements
                    développé par le canton.

Majestueux, le site de Derborence doit se redéfinir un avenir. Notamment au travers d’un Plan de gestion et aménagements développé par le canton.YANN CLAVIEN
 
PAR PASCAL GUEX – 13.10.2018
 

ENVIRONNEMENT Le Service des forêts a dévoilé en avant-première aux propriétaires de chalets locaux son plan de gestion et aménagements du site de Derborence. Avec les réserves émises ce samedi la mise à l’enquête publique programmée pour l’été prochain semble bien éloignée.

La beauté encore sauvage de Derborence ne peut laisser personne indifférent. Ce samedi sur les hauts de Conthey, la première présentation publique du Plan de gestion et aménagement de ce site unique a donc forcément attisé les passions.

Obligations légales contraignantes

À deux pas du petit lac qui attire toujours plus de curieux à la belle saison, François Biollaz et Yann Clavien ont levé le voile sur les principales améliorations proposées par le Service des forêts, des cours d’eau et du paysage de l’État du Valais pour décanter une situation qui ne donne plus satisfaction à personne, mais aussi pour mettre ce fond de vallée enchanteur en adéquation avec les exigences légales très contraignantes.

Depuis 1961 et une décision de protection prise par le Conseil d’Etat, il est ainsi strictement interdit de faire du feu ou de bivouaquer dans ce site protégé, figurant également au titre de district franc fédéral à l’inventaire fédéral des paysages et des zones alluviales d’importance nationale. « La Mission que nous a confiée la Confédération implique donc des contraintes», a d’emblée expliqué Yann Clavien. En élaborant ce plan de gestion, son service a donc dû prendre en compte ces exigences. «Nous avons dégagé des intentions mais savons qu’il y a des incertitudes à lever. C’est pourquoi nous avons organisé cette première séance d’information.»

De la surveillance pour informer et sanctionner

L’occasion pour les représentants du canton de lever le voile sur les principaux correctifs envisagés. Améliorer la protection du site et la dynamique de la zone alluviale; redéfinir les accès, les parkings et les sentiers en supprimant notamment les sorties sauvages dans la forêt ; regrouper les panneaux d’information; optimiser la gestion des matériaux et freiner le comblement du lac; prévoir la surveillance de l’ensemble du site dans le but d’informer mais aussi de sanctionner en cas de parking sauvage ou de foyer allumé illégalement: les axes d’action ne manquent pas pour redonner à Derborence son faste d’antan et la quiétude souhaitée par une majorité de propriétaires de chalets qui ne peuvent rallier leur petit coin de paradis qu’au sortir de l’hiver et jusqu’à l’arrivée des premières neiges.

Problème, les pistes d’amélioration esquissées par les représentants de l’état ont été loin de faire l’unanimité. D’aucuns craignent que l’aménagement de deux parkings pour les visiteurs ne contribue à amener toujours plus de touristes dans la région. Entre la vingtaine de propriétaires de chalets bordant le Lac de Derborence et les occupants des quelque 230 chalets des autres hameaux, les intérêts divergent aussi. Jean-René Germanier craint ainsi que le déplacement des voitures d’un pan de la vallée à l’autre ne fait qu’augmenter les désagréments. «J’ai peur que le remède soit pire que le mal».

Appliquez déjà la législation actuelle!

Eric Fumeaux, lui, estime que ce plan n’est tout simplement pas réalisable dans les faits, tout en émettant de sérieux doutes sur le calendrier idéal présenté ce samedi. «Il doit s’agir d’une faute de frappe. Ce ne sera pas 2019 pour la mise à l’enquête publique et le début de travaux mais 2029!».  Et ce propriétaire d’inciter commune et canton à appliquer tout simplement stricto sensu la législation actuellement en vigueur.

Alors que certains ont tout de même montré leur intérêt pour le réaménagement proposé du site, d’autres résidents dans la salle taisent leur scepticisme avant d’annoncer à l’heure de l’apéro qu’ils feront de toute façon opposition à ce plan. Ceci malgré l’appel à la raison lancé par le conseiller communal Philippe Germanier. «Si les représentants du canton ont souhaité organiser cette séance d’information c’est pour entendre vos doléances et en tenir compte dans l’établissement du plan définitif. De toute façon, il n’a jamais été question de fermer le site de Derborence. » Toujours est-il qu’au vu de l’augmentation progressive des visiteurs, des réaménagements seront nécessaires à moyen terme. La voie du groupe de travail, composé notamment de représentants des résidents de Derborence et de l’État, est évoquée.»